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15/05/2015

"La Fleur du Capital", Jean-Noël Orengo, Grasset

Une mousson littéraire, abondante, drue et interminable, qui inonde, submerge, emporte tout sur son passage. Les convenances et les préjugés, les clichés et nos idées reçues, la bienséance et le provincialisme littéraire.

Ce livre a l’ampleur du « Voyage au bout de la nuit ». Abyssal, fort gueule et grand style.

Mais la nuit, ce sont ici les nuits équivoques de Pattaya.  

Sept cents pages d’immersion complète, en apnée, dans la marina-bordel de Thaïlande, où muni d’un passeport de l’oubli de soi, de la morale et des scrupules on lutte contre la misère- la sienne- et la solitude –toujours la sienne- à coups de carte bancaire, michetonnant à tout va des déesses en détresse ou des « ladyboys » miraculeux.

C’est cette addiction et ce « miracle » que Jean-Noël Orengo, auteur inconnu au bataillon et dont c’est le premier livre, ausculte, dissèque avec une densité, une profondeur, une empathie étonnantes  de vérité. Une vérité âpre, paradoxale, sensible et grandiose. Sous sa plume, Pattaya, n’est pas un fracas de l’histoire ou de la géographie, un abatardissement néo-colonial, un frivole ou inconséquent machisme de l’homme blanc. C’est l’humanité post-moderne en fusion. C’est You-Porn en 3 D.

Orengo nous explique que Pattaya c’était, après le Vietnam  « un lupanar pour soldats. Il y avait eu la guerre puis il y avait eu la paix, c’est-à-dire le tourisme. Les bordels étaient restés ». Pattaya, ce n’est pas le paradis non plus : « Une odeur de merde, d’urine et d’épices imbibait la ville, caressée par la mer et le vent ; le  sel et l’iode, les algues, la pisse et le foutre ». Mais «  tous les personnages minables ou ratés, brillants ou cassés de la Cour de cette ville avaient une chose en commun : ils n’en revenaient jamais.» 

Pattaya, c’est un vocabulaire ( les « punters » = les clients ; les « farangs » = les occidentaux ; les « baronnes » = les gagneuses plus ou moins rentières, qui font l’opinion ; les «  sponsos » = celles qui ont trouvé le micheton idéal, désormais difficilement accessibles ; les « pirates »= les taouées ; les « ladyboys » coupés –transexuels complets- ou pas –travelos améliorés) ; ce sont des codes et des habitus ( faire du sport, entretenir son corps, devenir endurant, prendre des drogues) ; une secte, celle des sites spécialisés sur internet où les clients de retour racontent leurs expériences, livrent de bonnes adresses, brocardent leurs congénères moins chanceux ou définitivement perdus pour la cause- beaucoup se marient sur place- ou mendient une recette pour décrocher,  comme les alcooliques anonymes se donnent du courage à plusieurs.

Car Pattaya est une drogue, «  une musique cancéreuse » qui « explosait en métastases incurables et chacun finissait par tout claquer dans son pays d’origine pour finir là, oublié, désoeuvré, ruiné, malade, mais heureux et vivant, bombardé en permanence par la beauté des filles et la folie des histoires qui s’y tramaient, chaque jour, chaque nuit ».

Ruiné ? Parce que la plupart des filles « avaient un rêve hallucinogène : trouver un mec avec du pognon qui les installe dans le confort et le shoping permanent », écrit Orengo sans précaution excessive.  Bouddhisme oblige ? «  Naître en bas de l’échelle était la preuve d’une vie mauvaise dans le passé ». La richesse matérielle améliore le karma. Le sien et celui de toute la famille.

Malade ? Pas besoin d’un dessin…

On pourrait détester ce livre qui est le récit auto-justifié du client, un client intelligent, cultivé, pénétrant (si on osait…) qui convoque Scott Fitzgerald, Malcom Lowry, Mishima, Apollinaire, Roland Barthes et même Karen Blixen, les explorateurs et les grands voyageurs du Sud-Est asiatique, comme autant d’éclaireurs sur ce continent du sexe tarifé, d’où le proxénète, les maffias, les trafiquants sont singulièrement absents.

Mais soudain – très vite en vérité-, on est pris par l’ampleur, le vertige, le plaisir oppressant d’aimer cette prose et ce qu’elle dit de nous. On songe à l’impression ressentie à la lecture des « Bienveillantes » de Jonathan Littell. Peut-être est-ce pareil quand on se branche sur Youporn, la griserie hypnotique d’un infini du mal, ou du rien, ou du vain, le gouffre du dégoût de soi mêlé du plaisir vénéneux et solitaire d’apaiser les humeurs quand elles taraudent ?

Composé à la manière d’une pièce de théâtre, avec prologue, en cinq actes, vingt-cinq scènes, intermèdes, levers de rideau, didascalies et épilogue, « La Fleur du capital » est en réalité une symphonie, une polyphonie à cinq voix, avec cinq personnages, tous mâles ou à peu près, qui se présentent sous leur nom de scène : leur pseudo sur les forums spécialisés.

Il y a « Marly », un gentil et brillant imposteur qui trafique son CV en Europe pour faire affaire dans le demi-monde (« un gigolo mineur du capital ») mais deviendra sentimental à Pattaya.

Il y a « Kurtz », ancien officier du renseignement, attiré par « le Sud des arts martiaux et de la prostitution » qui s’y installe et s’y perdra.

Il y a « Harun », né à Noisy-le-Grand, dont le père est algérien, plus ou moins architecte, bourse d’études aux Etats-Unis où il s’entiche des Asiatiques. « Une fixation, un attachement douloureux, fétichiste ». Mordu par Pattaya, le venin le fixe là-bas, dans une agence immobilière.

Il y a « Scribe », l’écrivain, le double de l’auteur qui stigmatise joliment «  ce mal universel d’écrire sans avoir lu » et s’essaye au grand œuvre, le roman de Pattaya que nous avons sous les yeux. « Pattaya n’est pas simplement une ville mais une œuvre, et ceux qui y vivent ou s’y rendent peuvent à bon droit se sentir des personnages, et les putains qui les attirent des artistes ». Son projet ?  Tout écrire. Une description complète de Pattaya. Mais il y a un fichu  problème de conception à résoudre car Pattaya EST l’œuvre, «  il n’y avait qu’à la copier ». Ce chapitre, cet acte, est une étincelante mise en abîme borgesienne de ce projet. Et voilà « Scribe » interpellant son lecteur, imaginant un livre/skype où l’auteur suivrait en direct la lecture de ceux qui auraient acheté son bouquin,  pourrait d’un clic ouvrir une fenêtre pour « chatter »avec lui, et surtout avec elle, car « Scribe », qui n’est pas sot, est très préoccupé par «  la question de la lectrice »….

Il y a « Porn », enfin, seule femme et seule Thaïlandaise de nos cinq personnages. Enfin… presque : elle est née garçon dans une famille musulmane, « garçon pauvre voulant être une femme riche ». On reconstitue à tâtons son parcours, son village, sa famille, son départ pour Bangkok, vendant des breloques derrière un étal, puis faisant commerce de sa beauté plus que de son corps, une beauté renversante dont le sexe arrête ou  perturbe les hommes. « Porn »  se fait opérer et vient bouleverser Pattaya dont elle devient une princesse. « Elle est soutenue par intermittence. On comprend qu’aucun des hommes qu’elle a eu ne la quitte vraiment. Ils s’empilent ». Et quand elle retourne quelquefois au village, à la mosquée, elle prie avec les hommes, habillée comme eux, les seins artificiels bandés dans du tissu. « Les gens savent pour elle, oui dit-elle ils savent, mais pour tous, elle reste un homme égaré, qui a droit au pardon.» « Porn » ne veut renoncer à rien de ses aspirations de femme et de croyant « un sexe pour chaque fonction » écrit Orengo.

Ces cinq personnages se croisent bien sûr et dans un art consommé et éblouissant du récit, Orengo tisse une intrigue qui n’affleure jamais et dont ne nous apercevons qu’à la fin, pris, lecteurs que nous sommes, comme les voyageurs qui quittent Pattaya, par le venin désolant et capiteux d’une morsure imperceptible.

Il y a dans «  La Fleur du capital » la nuit et il y a le jour, les attentes, la chasse, l’affût, la fuite et les rencontres, des phantasmes et des jalousies, des vies fracassées et des qu’on supporte, un crime et un suicide, la corruption des âmes et l’exaltation ou la lassitude des corps, c’est selon quel que soit son rôle, des nostalgies de la langue maternelle et des cunnilingus par dizaines, des enseignes à néons et des putes qui attendent sur des chaises en plastique, des restaus à ciel ouvert et des salles où l’on sculpte son corps, des cliniques de chirurgie esthétiques impeccables et des bas-fonds craspecs, des Australiens, des Chinois et des Emiratis, des Russes qui exportent ici des filles slaves pour ne pas être trop dépaysés, des jeux de rôle qui consument ou enrichissent. «  A défaut de la vérité, il y a ici du vivant » dit un personnage.

« Scribe » qui redoute « l’échec de dire juste » peut-être rassuré : ce livre est immense comme «  Les Misérables ». Sans doute pas le livre culte de « La manif pour tous » mais un incontestable monument littéraire. Un hommage fiévreux aux vies équivoques.

 

14/04/2015

"La ferme africaine" de Karen Blixen, Folio, trad.Alain Gnaedig

« Out of Africa » : Vous avez adoré le film ? Vous n’aimerez pas nécessairement le livre que je viens de terminer et qui me laisse sur une impression pénible.

« La ferme africaine » est  l’intéressant monologue d’une femme de caractère, un récit non dénué de pittoresque, mais un livre froid, non pas guindé mais hautain, qui tient à distance les émotions intimes et celles du lecteur.

Sans doute une baronne, trop souvent condamnée à la solitude et aux conversations mondaines, ne peut-elle échapper à son habitus. En la lisant on le regrette, et finalement cela agace.

On connait l’histoire : Karen Blixen part à 29 ans de son Danemark natal rejoindre son cousin, un aristocrate suédois qui vient d’acheter une plantation de caféiers au Kenia à vingt kilomètres de Nairobi, pour l’épouser. Nous sommes en 14. Elle va rester au Kenia 17 ans s’occupant seule en définitive, après la séparation tôt survenue puis le divorce pas plus tard prononcé, de la ferme qui s’étend sur des milliers d’hectares et emploie des centaines d’indigènes, comme l’on dit alors, des Kikuyus, non loin des tribus masaïs.

Difficultés économiques et mauvaises récoltes la contraindront au retour, où elle commence à écrire des contes puis des récits autobiographiques le plus souvent sous un nom d’emprunt. « La ferme africaine », paru en 37 et traduit en français en 42, lui assure une notoriété mondiale.

Ce succès est évidemment légitime. C’est celui des grands voyageurs, des expositions coloniales ou universelles ou …..des récits animaliers. La trempe de cette femme – grande chasseuse, aviatrice à l’occasion- y ajoute une touche de modernité de parfait aloi. Et sa curiosité d’esprit, son absence de préjugé  – elle dit préférer, et de loin, les indigènes, « mes gens » écrit-elle, à la société coloniale- font le reste.

Le ton aussi, sans doute plus que le style, est singulier : franc, rosse quelquefois, avec un sens aigu de l’observation qui fait mouche. L’anecdote y est le plus souvent à nu, révélatrice d’un caractère tout sauf dissimulé.

Alors, à quoi tiennent mes réserves ?

D’abord à un parti pris ethnographique, sans doute d’époque mais qui nous prive du récit attendu que l’on aurait souhaité plus personnel, plus intime, de la vie, des sentiments, des états d’âme de cette femme. Or, rien de tout cela. On n’est pas impunément baronne et on est loin bien sûr des profondeurs tourmentées de « Vaincue par la brousse » de Doris Lessing, et c’est très dommage.

Ensuite, ce point de vue, toujours en surplomb, donne à ce récit une allure de mise en scène de soi dont la pudeur ou la retenue dissimule mal le ressort de présomption, sinon d’arrogance. Karen Blixen moque certes les fieffés racistes de son entourage (le chapitre « L’élite de Bournemouth »), mais donne au fond l’impression de s’aimer davantage en Afrique qu’elle n’aime les Africains. "La ferme africaine" a un peu ce ton papier-glacé d'un reportage édifiant de Paris-Match sur une aventurière qui fait ses œuvres en Afrique.  

Enfin, elle n’échappe pas à quelques généralités essentialistes et sécheresses de cœur qui étonnent : elle dit avoir « même battu » ses Kikuyus « pour en faire des cultivateurs », elle évoque un enfant de la ferme victime d’un coup de feu accidentel comme on le fait d'un gibier blessé, quand elle rend visite aux malades parmi «  ses gens », on la sent davantage mue par la convention et les manières du monde que par la compassion ou le vertu de charité, la comparaison animalière est quasiment systématique dans ses descriptions,  et elle conclut le récit d’une affaire judiciaire qui a secoué la colonie, « L’affaire Kitosh », du nom d’un enfant supplicié par un jeune colon qui souhaitait le punir d’avoir monté son cheval, en faisant siennes les conclusions de deux médecins légistes selon lesquels le gosse s’était laissé mourir. Et ose écrire: « Quand on lit toute cette affaire, un fait étonnant et confondant s’impose : en Afrique, il n’est pas en notre pouvoir à nous, les Européens, de régler le sort d’un Africain. Cette terre est la sienne, et quoi qu’on lui fasse, il s’éclipse quand bon lui semble, de son plein gré, et parce qu’il n’a plus envie d’être là davantage » avant d’évoquer la «  beauté particulière » du « désir inflexible de mourir » de cet enfant roué de coups, ligoté et mort de privations.

Alors, évidemment, il y a aussi de belles pages sur les animaux, les gnous, les lions, les antilopes, les girafes ( « J’ai maintes fois vu des girafes arpenter la plaine, avec leur grâce incomparable, quasi végétative, comme s’il ne s’agissait pas d’un troupeau d’animaux, mais d’une famille de rares fleurs colossales, tachetées et montées sur de hautes tiges ») et les bœufs (« Ils ont des yeux humides et clairs sous des cils touffus, des mufles doux et des oreilles soyeuses, ils sont patients et lents dans tout ce qu’ils font. Et l’on dirait parfois qu’ils réfléchissent »).

Les bœufs dont elle écrit : « En Afrique, les bœufs ont payé le tribut le plus lourd à la marche en avant de la civilisation européenne ». Oui, les bœufs !!!

Voilà. On peut avoir été une femme remarquable, abandonnée par son époux volage, intrépide et courageuse, « épatante » comme on dit dans les salons, mais Karen Blixen n’est ni Doris Lessing ni Georges Orwell ni Conrad. Ni littérairement, ce qui n’est pas grave, ni humainement, ce qui la situe tout de même à des coudées de plus précieux talents de son temps.

 

19/03/2015

"Un pays pour mourir" de Abdellah Taïa, Seuil

Qu’Abdellah Taïa me pardonne : il est Marocain, homosexuel, écrivain, musulman et « laïc », comme  l’on dit maintenant en France à tout propos pour signifier que l’on ne souhaite pas se laisser enfermer dans une « identité ».  Quarante ans, le visage juvénile, des yeux malicieux et un peu tristes.

« Un pays pour mourir » est son dernier livre. C’est un magnifique titre, simple et suppliant comme un soupir d’espérance,  le vœu épuisé d’un errant, l’illusion dernière de l’exilé.

Il y a  d’abord le père, mort à 56 ans « c’est une moyenne d’âge raisonnable au Maroc […] mais lui, mon petit papa, il n’a eu le temps pour rien, ni pour bien vivre, ni pour bien mourir ».

Il y a Zahira, sa fille, 40 ans au temps du récit, prostituée à Barbès. «  J’aime Paris. C’est ma ville […] Paris est ma cité, mon royaume, mon chemin. C’est là que je voulais venir. Fuir. Grandir. Apprendre libre le monde. Marcher sans peur et partout. Devenir pute. Officiellement. L’assumer ». Zahira est amoureuse d’Iqbal, le Sri-Lankais, « qui possède cinq blanchisseries et cinq « Lavomatic » et aime qu’on le pénètre d’un doigt et quelquefois de deux… Zahira a aussi « trois sorciers. Un juif à Paris pour les dépannages. Un deuxième, berbère, à Gennevilliers. Un troisième, marocain, à Azilal, dans les montages de l’Atlas » et c’est son préféré…Celui de Gennevilliers « n’est pas sérieux. Dès qu’il me voit, il bande. Et, du coup, il n’arrive pas à se concentrer sur son vrai travail : entrer en communication avec les djinns ».

Il y a Naïma,  ancienne prostituée à Paris qui a réussi un beau mariage avec Jaâfar, l’hôtelier veuf. Naïma présentera son mari à sa famille à Casa, le couple achète une maison à EL Jadida mais souhaite mourir là où ils se sont aimés.

Il y a Aziz, l’exilé Algérien, transexuel prostitué (« Quand le sorcier yéménite de la porte de Saint-Denis a proposé de me faire des sorts plus forts, diaboliques, pour attirer encore plus de clients, je n’ai pas hésité. J’ai dit oui. J’ai foncé ») qui décide de « se  la couper », pour devenir Zannouba . «  Je pense au petit garçon algérien qui ne se sentait pas garçon. Au milieu des filles, ses sœurs, il s’ouvrait, il riait, il dansait, il allait au ciel ». Mais rien n’est simple : « Quand je pisse, il n’y pas les petits bruits délicats que j’attendais. Cela sort fort. Comme avant, fort. Cela ne fait pas femme qui pisse. Non ».

Il y a Isabelle Adjani aussi, la déesse de tout ce petit monde et ce merveilleux : « Adjani. Tellement blanche. Tellement noire. Tellement bleue ». « Elle était mieux qu’Algérienne. En elle  coulait quelque chose que toi aussi tu avais et que tu reconnaissais aussi en elle ».

Il y a Motjaba, l’Iranien qui a fui le régime et ne restera à Paris que le temps d’un chaste ramadan avec Zahira « Il portait une barbe douce qui appelait les caresses » ; « Si j’avais pu, je l’aurais allaité ».

Il y a dans ce livre tous les exilés du monde : « Les hommes pakistanais de Paris sont les plus doux de la terre. Bien élevés. Polis. Jamais je ne leur demande de se laver. J’aime leur odeur, leurs manières suaves, leur timidité, leurs murmures ».

Il y a le trottoir et des nuits de confidences, les appels du pays et les séductions de la liberté, une place pour l’amour et un monde de tendresses, des souvenirs d’Indochine et une ballade amoureuse dans les Jardins du Luxembourg, un lien de chair et de sang avec la France et des tourments de genre, des repos du guerrier que l’on s’honore de dispenser et des marabouts en guise de viagra, l’air d’une chanson qui vous obsède pendant qu’un inconnu vous possède au Bois de Boulogne et une odeur de menthe fraîche sur les marchés de Barbès.

 Il y a dans ce livre des misères et des voluptés. Une mélancolie poignante.  Et un immense courage d’auteur qui dédicace ainsi son récit : « Pour mes sœurs, toutes mes sœurs ».