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02/05/2014

"Comme les amours" Javier Marias, Gallimard, trad. A-M. Geninet

A Madrid, la capitale la plus dépaysante d’Europe, on a encore des habitudes sociales hors de chez soi. Ainsi Maria Dolz, la narratrice, directrice de collection dans une maison d’édition, prend tous les jours son petit déjeuner à la terrasse d’un café de quartier. Il y a là des habitués que l’on croise du regard sans pour autant les aborder, tous les jours là eux aussi. Parmi ceux-là, un couple, ou plus exactement une femme qu’un homme, sans doute son mari, vient rejoindre, peut-être après avoir accompagné les enfants à l’école. Maria est fascinée par l’allure de ce couple qui irradie de bonheur, fascinée à tel point qu’elle s’impatiente certains matins de ne pas les trouver à l'heure au rendez-vous. Elle les observe, s’abîme dans les regards ou les sourires qu’ils s’échangent et cette scène d’harmonie conjugale au petit matin devient sa dose énergisante et voluptueuse pour la journée. Elle s’y projette et s’y nourrit. Elle les appelle « le couple parfait ».

Mais un beau jour le couple ne paraît plus en terrasse. Maria apprend par la presse qu’un malheur est arrivé au mari, Miguel Desverne, producteur de cinéma qui a été assassiné par un déséquilibré en pleine rue. Six mois plus tard quand la veuve réapparaît, Maria  présente ses condoléances à celle qui n’est plus tout à fait une inconnue. Luisa, broyée par la tragédie mais sensible au geste, lui confie qu’elle non plus ne leur est était pas étrangère, qu’elle était une silhouette familière au couple qui l’avait baptisée « La Prudente ». Et d’inviter Maria à lui rendre visite à son domicile où elle fera la connaissance de l’ami le plus proche de Miguel, l’équivoque Javier Diaz-Ravela qui s’occupe avec empressement et une attention singulière de la veuve et de ses enfants. Cet homme, très beau, grande allure, est manifestement amoureux de Luisa. La situation paraît étrange à Maria qui n’est pas insensible à son charme mais nourrit les pires doutes sur son compte. Ce crime de rue serait-il bien le fait d’un déséquilibré comme lu dans le journal ? Et Javier y serait-il aussi étranger qu’il le paraît d’évidence ?

« Il est très risqué de se mettre dans la tête d’autrui par l’imagination »  nous dit l’auteur, qui nous sert là sous des apparences de thriller psychologique une fable morale sur le couple, l’amour, la mort, le deuil, en sondant les profondeurs de l’âme et ses tensions, ses tourments et ses vertiges dans une prose soignée, lente, quelque fois un peu solennelle, mais enveloppante et ensorcelante, ne laissant au lecteur ni répit ni repos, nous prenant par la main pour nous amener au plus près du gouffre et nous y laisser sur les bords, en se jouant de nos frayeurs.

Et on aime ça, à la folie ! On s’y sent balloté, égaré, inquiet, plein d’appréhension sur ce qui va suivre, apeuré, affolé de se laisser ainsi maltraiter par un auteur au talent criminel, qui suspend la progression de l’intrigue par des digressions irritantes, à la limite du supportable, comme Javier tente de distraire Maria de ses obsessions accusatrices en lui faisant l’amour. Et ces scènes, sa manière de lui faire l’amour, cette façon de se rhabiller aussitôt après en l’invitant à rentrer chez elle, disent assez qu’il ne s’agissait que d’apaisements provisoires.

Car comme ces scènes d’innocence retrouvée, les digressions de Javier Marias n’en sont pas ! Avez-vous remarqué que l’auteur porte le même prénom que le criminel en puissance, l’innocent d’hypothèse, le présumé de tout ? Et un patronyme identique à une consonne près  au prénom de sa narratrice, investigatrice en ressorts psychologiques, toujours en alerte, jamais à court de supputations, même les plus effroyables. Ces réflexions sur la mort, le hasard et l’intendance du crime, les affres et l’éphémère du deuil, les tourments du souvenir et la crainte des revenants, le marché de l’amour (« Nous ne devons pas nous formaliser que l’on se contente de nous faute de mieux »), la vie de couple, les équivoques du sentiment amoureux, « l’indolence fatiguée ou contente des amants après une rencontre », loin de ralentir l’intrigue, la nourrissent, lui font prendre corps, l’enveniment, tel l’esprit de Maria qui prend feu, à force de trop réfléchir, de trop observer, de se mêler de trop près à la vie des autres. Cette mise en abîme de la narration est d’une grande efficacité. Et on se trouve honteux de redouter, hypnotisés que nous sommes par l’infini des échanges chat-et-souris entre nos deux personnages, le retour du mort parmi les vivants, le retour de Miguel l’assassiné, si sa présence devait, en nous offrant la vérité, mettre un terme à ce qui se noue d’indécis et de tâtonnant entre Javier et Maria. L’auteur s’amuse tant de nous qu’il consacre des pages, éblouissantes, au « Colonel Chabert » de Balzac, ce grognard de Napoléon donné pour mort lors de la bataille d’Eylau dont la veuve hérite avant de se remarier et qui réapparaît des années plus tard, accusé d’imposture par les siens qui ne sont plus disposés à exhumer un inattendu vivant du monde ordonné des morts. Et à lire ces pages, on frémit, loin de tout esprit de justice et de compassion, à l’idée que cela pourrait arriver à nos héros de « Comme les amours ».

Livre pessimiste comme d’un moraliste, qui éblouit par la langue et la traduction extraordinaire qui en est faite, sa construction étourdissante et la profondeur, quelquefois proustienne, de l’introspection des âmes, ici les âmes ordinaires.

Quelques extraits en avant, ou arrière- goût :

« Quand on désire longtemps une chose, cesser de la désirer s’avère très difficile, je veux dire admettre ou s’apercevoir qu’on ne la désire plus ou qu’on lui en préfère une autre »

« Tout le monde réagit ainsi, personne n’accepte plus que les choses se passent parfois sans qu’il y ait un coupable, ou que la malchance existe, ou que certaines personnes tournent mal, aillent à leur perte et fassent toutes seules leur malheur et leur ruine ».

« Il y a des gens comme ça, des gens qui s’impatientent et qui s’ennuient dans le malheur. Non qu’ils soient frivoles ou qu’ils aient la tête vide. Ils l’endurent lorsqu’il leur arrive, à l’évidence, probablement comme tout le monde. Mais ils sont destinés à s’en débarrasser rapidement et sans y mettre une grande détermination, par une sorte d’incompatibilité. C’est dans leur nature que d’être légers et joyeux et ils ne voient aucun prestige à souffrir, contrairement à la majeure partie de notre pénible humanité »

« Pour autrui n’importe quel malheur a sa date de péremption sociale, personne  n’est fait pour contempler la peine, ce spectacle n’est tolérable que pendant un bref laps de temps »

Et cette dernière, la plus représentative du livre : « La vérité n’est jamais nette, c’est toujours un embrouillement. Même la plus élucidée. Mais dans la vie réelle presque personne n’a besoin de la découvrir ou de se consacrer à enquêter sur quoi que ce soit, on ne le voit que dans les romans puérils ».

Pour sûr, ce roman-là n’est guère pour les enfants. 

01/05/2014

"L'écriture du monde", François Taillandier, Stock

Sur le tableau noir des classes de notre enfance, c’était la première date : 476 fin de l’Empire romain d’Occident, déposition du dernier empereur romain Romulus Augustule par Odoacre, roi des Hérules. Cela nous parlait assez peu, mais sonnait bien à nos oreilles. Il est vrai qu’à l’école primaire et à celle qui suit, l’Antiquité tardive sombre vite dans un trou noir ; nous ignorons Constantinople sauf quand l’Islam est sous les remparts, et à peu près tout des 1 000 ans de l’empire byzantin pour ne raccrocher vraiment les wagons qu’en l’an 800 avec Charlemagne, après une courte pause au baptême de Clovis.

François Taillandier nous présente avec « L’écriture du monde » une belle méditation sur ces temps lointains où quelques figures du VIème siècle vont s’attacher à préserver la culture de la haute époque romaine, pendant que les mercenaires barbares s’installent à demeure sur les terres méridionales et que la chrétienté, cependant très déchirée, se déploie : tout le monde se convertit ou à peu près, Justinien fait construire Sainte Sophie, Benoist de Nurcie organise la vie monastique et Denys le Petit invente le calendrier de notre ère.

Il s’agit d’un roman historique, et l’auteur qui a été récompensé il y a quelques années par le Grand Prix de l’Académie française nous offre des voluptés de lecture dignes des « Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar : grand style et érudition, ici mélangés de méditations mélancoliques sur la fin d’un monde, le brassage des cultures et les tâtonnements des époques de transition.

Car son personnage principal – qui a réellement existé- est un romain de vieille souche et de haute culture que la nécessité et l’opportunisme (il faut bien que les patriciens servent à ce à quoi les siècles les ont formés) conduiront à servir le roi ostrogoth Théodoric auquel l’empereur d’Orient Zénon  (« un soudard parvenu ») avait abandonné l’Italie pour préserver Constantinople. Ce Théodoric avait, lors d’un banquet de pourparlers, égorgé le fameux Odoacre, le putchiste, celui-là même qui avait déposé Romulus Augustule.  Et c’est le petit peuple de Ravenne qui par moquerie gratifia celui qu’on avait affublé du nom du légendaire fondateur de l’Empire du sobriquet «  Augustule ». En fait il s’appelait Augustus et nous ne le connaissions que par son surnom ! Odocare, lui, tout mercenaire de l’Empire qu’il fût et fils d’un ministre d’Attila, avait, magnanime, épargné la vie du dernier empereur qu’il avait seulement exilé sur une île de la baie de Naples. Il faut dire que celui-là était un tout jeune homme de 16 ans, « un innocent fantoche », à ce point insignifiant que l’histoire ne s’est préoccupée ni de la date ni de la cause de sa mort. François Tallandier écrit joliment « L’ultime lien qui amarrait encore le présent au môle des siècles s’était rompu ».

L’empereur Justin lointain successeur en Orient de Zénon n’est guère plus glorieux (« Constantinople héritait donc elle aussi  d’un empereur illettré, mais que son intelligence élémentaire  munissait de quelques vertus : la conscience de ses manques, le respect de l’instruction et le sens de la famille »). Son neveu Justinien qui devint empereur en 527 et épousa l’influente Théodora compensera les faiblesses de l’oncle : il réformera le droit et la fiscalité, luttera contre les Vandales d’Afrique du Nord dont finalement il s’assurera, avant de reconquérir l’Italie grâce à son général Bélisaire (« Là commença, méthodique, un massacre qui dura toute la nuit. On sut que désormais Constantinople avait un maître »). Le Benoît du Mont Cassin, celui de la Règle (« Il faisait penser à un sarment sec, à un cuir trop corroyé »), Grégoire, le futur père de l’Eglise Grégoire-le-Grand qui pensait que la fin du monde était proche et devint pape contre son gré (« Il en vint à tenter de fuir de Rome, caché dans un tonneau. Mais on le retrouva, et il ne put se dérober davantage », huit ou neuf personnages historiques négligés ou oubliés nous sont ainsi restitués dans le cours du récit en de très belles pages, pleines de trouvailles, d’enseignements et de sagesse.    

Au-delà d’anecdotes souvent réjouissantes, ce livre est le testament philosophique de notre personnage Cassiodore qui, la disgrâce venue, traverse l’Italie pour fonder un monastère voué à la préservation de la culture ancienne (« On se partagerait entre la prière, l’étude et l’accroissement de la bibliothèque »), car, en dépit ou à cause de l’air du temps qui est alors au christianisme, il est habité par la crainte que « la vieille culture païenne soit balayée par les Ecritures » et que « toute jouissance trouvée dans sa fréquentation soit un péché. N’était-il pas sacrilège de se soucier de Cicéron ou de Sénèque quand Jésus avait parlé ? »). C’est aussi l’évocation passionnante du temps des déchirures et des reprises hardies, des basculements d’un monde et des esquisses inattendues ou hasardeuses des mondes nouveaux possibles.

Déchirures des vêtements du vieux monde,illustre mais usé, avec sa part de crainte et de mélancolie, et temps des reprises par des doigts d’or, du rapiéçage et du patchwork, parfois à tâtons, telle Théolinda de Bavière qui traverse les Alpes pour épouser le roi des Lombards, ennemis des Francs dont elle souhaitait se revancher par fidélité à sa mère qui avait été gagnée aux dés par Clotaire, fils de Clovis, et qui comprend contre son époux l’intérêt de s’associer au projet d’unité du Pape Grégoire et l’utilité pour les Lombards de se convertir à la foi romaine en abandonnant l’arianisme.

 « Ainsi quand ils moururent, le brouillon du monde demeurait inachevé, plein de ratures, de repentirs, de grattages et d’interpolations […] Quand ils moururent, ils laissaient quelques efforts, quelques larmes, quelques traces […]. Quand ils moururent, laissant tout en l’état, ils étaient sûrs peut-être d’avoir réussi où ils s’étaient trompé, échoué où ils avaient semé les graines les plus fécondes » .

 C’est très beau et tout à fait passionnant. Et la fin qui évoque l’entrée de Mahomet à La Mecque annonce, je l’espère, la suite sensible d’autres fracas de l’histoire.

03/04/2014

"On a sauvé le monde" Dominique Fernandez, Grasset

Pour notre plus grand bonheur Dominique Fernandez a deux passions : l’Italie et la Russie et le talent de nous les faire partager avec la patiente simplicité d’un conteur qui ne se lasse d’aucun auditoire. Ancien professeur d’Italien, son souci de pédagogie est quelquefois appuyé, mais si l’on aime l’art et les récits de voyage, son érudition servie par un exceptionnel souci d’accessibilité comme sa phrase ample et enveloppante nous offrent des plaisirs de lecture que l’on aurait tort de bouder.  Sa figure d’Académicien influent et à fort tirage, d’homme de lettres insubmersible, un peu hors d’âge, est certes éloignée des paillettes et de la branchitude. Mais je lisais avec passion il y a trente ans  « Dans la main de l’ange », et me souviens encore du débit bousculé, du timbre un peu haut, des fins de phrases  assourdies par l’indignation de ses interventions télévisées lorsqu’il était question d’homosexualité, quand la télé était encore en noir et blanc et que l’expression « coming out » n’existait pas.

L’’homosexualité  est son sujet et presque son obsession, en tout cas sa grille de lecture à quoi peu de choses échappent. Et il a tôt fait de débusquer des inclinations secrètes, des mœurs refoulées ou clandestines, des tendances inconscientes dans tous ses personnages et toutes les œuvres d’art. Cela peut quelquefois agacer, mais s’agace-t-on de voir une solitude se chercher obstinément et parfois contre toute raison un compagnonnage possible ? Il est vrai qu’à notre époque d’humanisme aboli, on nomme désormais « communautarisme » cet élan des réprouvés à lutter contre l’isolement.

Deux jeunes gens se rencontrent à Rome dans les années 30, l’un est sans doute Français, l’autre le fils de Russes blancs exilés. Disons-le tout net l’intrigue est ténue, plutôt mal ficelée et assez abracadabrantesque. Cela n’a aucune importance. Dominique Fernandez est davantage un portraitiste, un biographe, un conteur, un homme de récits de voyage qu’un véritable romancier. Et quand ses romans sont réussis, c’est que son personnage est historique (Pasolini, Tchaïkovski, Le Caravage). Ici, hélas, nos deux jeunes gens, personnages de fiction, manquent de densité.

Mais l’un étudie Poussin et alors le livre devient merveilleux. Drôle d’homme que ce peintre à l’œuvre si académique et dont la vie fut pourtant si rebelle aux honneurs, à la gloire, à la recherche de notoriété ou de protections. Fernandez nous raconte tout ceci, sa vie à Rome mais à une adresse dans les faubourgs, sa réticence à répondre à l’invitation que lui lance Richelieu pour réaliser des commandes royales : malgré un courrier olographe, il fera attendre Louis XIII deux ans, se résignera au retour à Paris mais n’y restera que quelques mois avant de repartir dans sa tanière sur les bords du Tibre. Quant à l’œuvre, deux, trois, dix de ses toiles nous sont racontées avec une jubilatoire pédagogie qui dépoussière et oriente (vous voyez ce que je veux dire) une iconographie qui transmute et devient soudain transparente.

La vie estudiantine sous la  Rome mussolinienne, les querelles idéologiques qui déchirent un groupe de camarades, une architecture et une sculpture d’Etat qui cultivent les vertus de puissance et de virilité jusqu’au risque de l’inversion (le stade de marbres), l’emprise du fascisme sur les cerveaux et les mœurs, jusqu’à ce restaurateur romain qui bannit pates et spaghettis de sa carte au motif qu’il s’agit d’aliments contre-révolutionnaires : les pages romaines sont réjouissantes.

Les pages russes sont plus exaltantes encore, tant Dominique Fernandez illustre ce trait que la familiarité avec un peuple ou le goût d’un pays peuvent porter à retenir son esprit critique à l’égard de son régime ou de ses dirigeants. Pas par absence de cœur, de courage ou d’intelligence mais par fidélité et délicatesse. Simplement comme aime sa famille, avec ses secrets et ses drames, en dépit de ses déchirures et des épreuves traversées. Parce que l’on se sent frère de sang d’un peuple qu’on aime et qu’on prend garde à ne pas blesser, en parlant trop haut ou de trop loin, sans égards aux douleurs muettes. Il y a de nos jours une certaine grandeur à s’exposer ainsi à l’accusation de compromission ou à l’anathème ! Alors rien n’est tu par l’auteur des efforts d’égalité et d’éducation populaire du régime stalinien, de sa volonté de construire des stades et des piscines, des opéras accessibles à tous et des musées gratuits où l’on expose des Poussin, en dépit du reste.

Où l’on revient à ce qui constitue le vrai thème du livre : le rapport de l’art au peuple, aux gens, aux humbles, aux masses comme on disait là-bas jusqu’à la chute du mur de Berlin. « Est-ce bon pour l’art de n’être qu’un domaine clos, une chasse gardée, inaccessible à la masse de ceux qui ne disposent pas du bagage nécessaire ? » s’interroge un personnage, en porte-parole de l’auteur qui nous livre de très salubres méditations sur le sujet tout au long de ce roman pas très réussi mais de ce livre passionnant. En outre intelligemment illustré par les représentations en noir et blanc de quatorze toiles de Poussin, quelques autres de Simon Vouet, un Sebastiono del Piombo et un Caravage.

Une fois le livre refermé, se précipiter au Louvre, quelques photocopies en main, pour revoir les Poussin sous le parrainage auguste, tutélaire mais bigrement affranchi de DF.